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mercredi 16 mars 2011

L'Anses lance une évaluation des bénéfices et des risques nutritionnels des édulcorants intenses

Publié sur le site de l'ANSES

aspartame.gifDans le cadre de la veille permanente qu'elle exerce, l'Anses a examiné deux nouvelles études portant sur d'éventuels effets sanitaires qui pourraient être attribués à l'aspartame ou à des boissons contenant des édulcorants alimentaires, dont l'aspartame. Dans un avis publié ce jour, l'Agence confirme que ces deux nouvelles publications n'apportent pas de base scientifique suffisante pour une réévaluation de l'aspartame au plan toxicologique, mais indique souhaiter élargir ce travail. L'Anses va ainsi mettre en place un groupe de travail chargé d'évaluer les bénéfices et les risques nutritionnels des édulcorants intenses et la nécessité éventuelle d'élaborer des recommandations pour des populations sensibles qui seraient identifiées au cours de ce travail.

Les deux études examinées par l'Anses portaient d'une part sur les effets de l'aspartame chez la souris et d'autre part, sur la relation entre consommation d'édulcorants intenses (dont l'aspartame) chez la femme enceinte et l'augmentation du risque d'accouchement prématuré. Les motifs ayant conduit l'Agence à considérer que ces publications ne justifiaient pas de ré-évaluation de l'aspartame au plan toxicologique sont distinctes : La première étude rapporte une augmentation de l'incidence de cancer chez la souris mâle après administration de très fortes doses d'aspartame incorporé dans l'alimentation et tout au long de la vie de l'animal. En raison des incertitudes et des déficiences méthodologiques présentées par cette étude, l'Anses indique qu'il n'est pas possible de transposer les effets observés à l'homme.

La seconde étude a été réalisée chez près de 60 000 femmes enceintes, et établit une association statistique entre la consommation de boissons gazeuses contenant des édulcorants et l'augmentation du risque d'accouchement prématuré. Toutefois, l'Agence considère, comme indiqué par les auteurs eux-mêmes, que ces résultats préliminaires ne permettent pas d'établir de lien de cause à effet entre la consommation de boissons édulcorées et l'augmentation du risque d'accouchements prématurés, et demandent à être confirmés.

En conclusion, l'Anses estime que ces nouvelles études n'apportent pas de bases scientifiques suffisantes pour une réévaluation de l'aspartame au plan toxicologique. Elle partage néanmoins la volonté de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) d'approfondir les enjeux toxicologiques des édulcorants dans le cadre de la réglementation européenne en vigueur, et y apportera son concours.

Au delà de ces interrogations d'ordre toxicologique, la question de l'intérêt nutritionnel des édulcorants intenses est régulièrement posée. Dans ce contexte, l'Anses va mettre en place un groupe de travail chargé d'évaluer les bénéfices et les risques nutritionnels des édulcorants intenses et la nécessité éventuelle d'élaborer des recommandations pour des populations sensibles - parmi lesquelles les femmes enceintes - qui seraient identifiées au cours de ce travail.

Pour en savoir plus

- L'avis du 14 mars 2011 relatif à une publication rapportant les incidences de cancer chez la souris mâle après administration d'aspartame par l'alimentation et une autre publication sur une étude prospective de cohorte chez des femmes enceintes qui rapporte l'association entre la consommation des boissons gazeuses (carbonatées) contenant des édulcorants et le risque d'accouchement prématuré.

jeudi 30 septembre 2010

DIABETE DE TYPE 2 ET PARTICULES ULTRA FINES

Diabète et particules fines, rien d'élémentaire !

La relation entre exposition aux polluants environnementaux et risque de diabète est l'objet d'un nombre croissant de travaux. Après l'exposition aux polluants organiques persistants, polychlorobiphényles (PCB) et pesticides notamment, c'est l'exposition aux particules fines de l'air qui est à son tour suspectée d'accroître le risque de diabète, comme l'illustre une étude conduite aux États-Unis, par des équipes d'Harvard, de La Grenade (Antilles) et du Joslin Diabetes Center(Boston). Celles-ci ont évalué, pour les années 2004 et 2005, la relation entre exposition aux particules atmosphériques de moins de 2,5 µm de diamètre (PM 2,5) et prévalence du diabète chez l'adulte, en examinant les facteurs susceptibles d'influencer cette relation.

Une vaste étude nationale à grande échelle

Les niveaux annuels moyens de PM 2,5ont été obtenus auprès de l' Environmental Protection Agencydes États-Unis (US EPA), et la relation à la prévalence du diabète a été évaluée comté par comté, en s'appuyant sur les données de prévalence du diabète du Système national de surveillance du diabète des Centers for Disease Control and Prevention(CDC).

L'effet confondant potentiel des facteurs de risque de diabète, a été examiné avec attention, notamment l'impact de l'obésité (définie par un IMC dépassant 30), de l'activité physique (hors travail, au cours des mois précédant l'étude), de la densité de restaurants « fast food», de la densité de la population, de la localisation géographique, en s'appuyant sur les données des CDC et celles du recensement. Ont été pris en compte aussi nombre de covariables dont les revenus, l'ethnie, le niveau d'éducation, les données intéressant l'assurance maladie...

Une association forte, homogène entre concentrations de PM 2,5et prévalence du diabète...

À chaque accroissement de 10 µg/m 3de l'exposition aux PM 2,5, était associée une augmentation de 1 % de la prévalence du diabète, pour l'année 2004 et pour l'année 2005, en analyse univariée et en analyse multivariée. L'association persistait pour différentes estimations des expositions aux PM 2,5, dans tous les modèles étudiés, et la prise en compte des covariables de risque de diabète n'a pas affecté significativement l'association entre exposition aux PM 2,5et prévalence du diabète.

... même lorsque la limite d'exposition aux PM 2,5est respectée

Dans les comtés où l'exposition aux PM 2,5était inférieure aux recommandations de l'US EPA (15 µg/m 3), la comparaison des catégories les plus fortement exposées aux moins exposées aux PM 2,5, montre pour les premières, un accroissement de plus de 20 % de la prévalence du diabète, et l'association persistait après ajustements sur les facteurs de risque de diabète.

Cette étude, conduite aux États-Unis, où la prévalence du diabète (qui touche près de 24 millions de sujets) a plus que doublé au cours des 15 dernières années, est la première selon les auteurs à avoir analysé à grande échelle, en population générale, la relation entre PM 2,5et prévalence du diabète. Elle met en évidence une association forte entre ces deux paramètres, et suggère la contribution de la pollution de l'air à l'accroissement observé de prévalence du diabète.

Cependant, cette étude ne s'appuie pas sur des donnés d'exposition individuelle, et ne permet pas d'établir une relation causale ; elle n'a saisi que les cas diagnostiqués de diabète (selon les estimations des CDC, 6,3 millions adultes étaient, en 2007, diabétiques mais l'ignoraient) et n'a pas distingué diabète de type 1 et diabète de type 2 (ce dernier comptant toutefois, selon les estimations 2007 des CDC, pour au moins 90 à 95 % de tous les cas diagnostiqués de diabète chez l'adulte aux États-Unis) ; elle n'a pas pris en compte l'exposition à d'autres polluants atmosphériques, reliés dans des travaux antérieurs, à la prévalence du diabète (dioxyde d'azote, par exemple). Les mécanismes qui sous-tendent cette association forte entre PM 2,5et diabète restent à éclaircir, mais J F Pearson et coll voient dans les résultats de cette étude la cible d'une nouvelle approche de prévention du diabète, remettant en cause les limites d'exposition particulaire actuelles eu égard au retentissement sur la santé publique.

Pearson JF et coll. Association between fine particulate matter and diabetes prevalence in the U.S. Diabetes Care 2010 ; 33 : 2196-201.

lundi 16 février 2009

Le diabète

Photo diabète

LES DOCUMENTS SUR LE DIABÈTE

Diabète type 2 et particules fines

Source photo : http://www.photo-libre.fr