sur le site WWF

EAU DE BOISSON : ENCORE TROP DE POLLUANTS DANGEREUX DANS L’EAU DU
ROBINET ET L’EAU EN BOUTEILLE !
En dépit de la publication d’innombrables rapports officiels, la controverse
sur les qualités respectives de l’eau du robinet et des eaux embouteillées n’a
cessé de s’envenimer ces dernières années en France. Qui croire ? Notre
santé est-elle menacée ?
Le WWF France passe au crible un échantillon d’eaux de boisson
La polémique sur la qualité, et les risques potentiels pour la santé, de
l’eau du robinet est en passe aujourd’hui de devenir un débat mondial, un enjeu
commercial, environnemental, et une question majeure de santé publique.
Le WWF France est régulièrement interpellé sur cette question depuis
plusieurs années. Il a pris la décision, à la demande de son Conseil
scientifique, de faire effectuer des analyses d’eau du robinet et d’eau en
bouteille. Sachant que le débat est biaisé puisque les réglementations qui
définissent les critères de qualité sanitaire pour l’eau du robinet, les eaux
de source et les eaux minérales sont différentes !
Cette campagne de prélèvements a été réalisée dans une cinquantaine de
villes et communes rurales ainsi que sur une quinzaine d’eaux embouteillées,
selon un protocole strict. Les analyses ont été effectuées par un laboratoire
de référence agréé par le Ministère de la Santé.
Plusieurs types de polluants domestiques, industriels, agricoles, ont été
recherchés dans cette analyse.
« Le choix des molécules a été effectué en lien avec la directive REACH
1 , les « substances prioritaires de la
Directive-Cadre sur l’eau (DCE) et les molécules résiduelles des traitements de
potabilisation » , explique Hélène Roche, présidente du Conseil
scientifique du WWF France. « Le nombre de molécules analysées est
supérieur à celui habituellement retenu par les laboratoires officiels . Le
nombre d’échantillons a été restreint en raison du coût élevé des analyses.
Tous les échantillons ont été prélevés de manière aléatoire dans chacune des
villes concernées, chez des particuliers, et dans des hôtels ou restaurants
».
La dégradation croissante de la qualité des eaux brutes
Les résultats obtenus révèlent la présence de très nombreux polluants dans
l’eau de boisson. Ainsi 14 villes présentent au moins 6
micropolluants
(Hydrocarbures aromatiques polycycliques, atrazine, aluminium,
dibromochlorométhane…) dans leur eau du robinet, et des traces d’aluminium
peuvent être retrouvées dans des eaux embouteillées.
Ces résultats conduisent le WWF France à déplorer les insuffisances du
dispositif d’analyse actuel.
Un des points qui ressort des analyses est l’inégalité de la qualité de
l’eau du robinet entre villes et communes rurales, ces dernières, logiquement
plus exposées aux pollutions d’origine agricoles, disposant de moyens moindres
à la fois pour la surveillance et le traitement de leurs eaux.
Il est donc urgent, compte tenu de la recherche sur les « effets
cocktails » liés à l’association de certaines molécules, des effets connus
des perturbateurs endocriniens et de l’impact des faibles doses de polluants
sur le long terme, de multiplier les analyses et de tenir compte de ces effets
potentiels dans la révision des normes acceptables.
« Quelle que soit la qualité des traitements curatifs mis en place, le
vrai problème est la dégradation sans fin de la qualité des eaux brutes, à
laquelle il faudra bien répondre durablement », souligne Serge Orru, Directeur
général du WWF France.
Vigilance sur les nouvelles molécules commercialisées
On continue en effet à commercialiser de nouvelles molécules, que l’on ne
sait pas doser, et dont on ne connaît ni les produits de dégradation
(métabolites), ni les effets à court et long terme.
Au vu des résultats de cette campagne, le WWF France demande un meilleur
accès à l’information sur la qualité des eaux brutes, une redéfinition des
critères de surveillance de l’eau du robinet et des eaux embouteillées, une
réelle protection de la ressource en amont et une réforme ambitieuse de la
politique agricole, gages de la bonne qualité de la ressource en eau.
Le rapport
crédit image : villiard.com